Plus de 80% des ordres de quitter le territoire restent lettres mortes, par Patrick Sessler

En 2015, ce n’est pas moins de 43.433 ordres de quitter le territoire qui ont été prononcés et communiqués aux intéressés. Le fait est que seuls 20% sont suivis d’effet. C’est ce que révèle une question posée par Barbara Pas, chef de groupe du Vlaams Belang à la Chambre (fédérale) au Secrétaire d’État à l’asile et à l’Immigration, Théo Franken (NV-A).

Le Vlaams Belang démontre ainsi que la “bonne nouvelle” apportée par Théo Franken sur les chiffres des retours volontaires des illégaux vers leurs pays d’origine n’était que du vent. «En dissimulant la réalité globale, le secrétaire d’État émet une vision tronquée voire mensongère de la politique belge en matière de rapatriement des illégaux», analyse Barbara Pas.

Selon la députée du Vlaams Belang, il est révélateur que dans 23.812 des cas il s’agissait d’un premier ordre de quitter le territoire. Pour ce qui est des 19.621 autres ordres délivrés, il s’agissait de personnes ayant déjà fait l’objet d’un tel ordre dans le passé, mais qui s’étaient assis dessus.

Cerise sur ce mauvais gâteau, sur ces 43.433 ordres de quitter le territoire, seuls 8.432 sont effectivement suivis d’effet. De ce nombre, 4.245 illégaux ont été rapatriés par la force et seulement 4.053 ont opté pour la formule du rapatriement volontaire accompagné. Cela signifie concrètement qu’à peine 19% des illégaux interceptés quittent réellement le territoire alors qu’ils ont reçu un ordre de quitter le territoire. Ces «ordres» à la belge sont désormais mondialement connus comme étant des vulgaires chiffons de papier sans doute utilisés à d‘autres fins.

De surcroît, il semble que les chiffres des rapatriements annoncés avec tambours et trompettes par le Secrétaire d’État à l’Immigration Théo Franken (N-VA) doivent être sérieusement revus à la baisse. Ils ont été «gonflés» en y ajoutant à celles et ceux qui ont été «reconduis à la frontière» (dans la pratique il s’agit principalement de ceux qui ont été empêchés d’entrer sur le territoire par la police des aéroports). Il ne s’agit donc pas de rapatriements forcés en ce qui les concerne. Barbara Pas remarque non sans rire que: «De cette façon, Franken rapatrie des gens qui n’ont jamais mis un pied sur notre territoire». Au total, il s’agissait de 1.649 cas semblables l’année passée, ce qui signifie que le nombre réel des rapatriements doit être revu à la baisse pour atteindre un nombre de 8.432 personnes en lieu et place des 10.081 annoncés par le Secrétaire d’État N-VA.

«Avec un chiffre des rapatriements de 19%, il ne peut être question de parler d’un arrêt de la tendance dans la politique d’asile, bien au contraire. Tant qu’il sera possible de nier un ordre de quitter le territoire, la Belgique gardera sa réputation selon laquelle dès qu’on y a mis un pied, vous êtes quasi sûr de pouvoir y rester ». «Il est évident que si la politique menée n’est pas modifiée, l’armée des illégaux (aujourd’hui estimée à 200.000 personnes) se déversera de plus belle dans nos villes. En fait, la N-VA organise aujourd’hui ce qu’ils combattaient hier, à savoir une prochaine régularisation collective des illégaux.»

S’il est une évidence, en Belgique comme dans le reste de l’Europe, c’est que l’immigration, les étrangers en général et les questions qui touchent à l’identité sont et seront encore plus à l’avenir, les grands thèmes des futures élections. Une question nous taraude: se souviendra-t-on qu’il y a plusieurs décennies que les partis patriotiques annonçaient la situation où nous nous trouvons aujourd’hui et qui si cette situation est si dramatique c’est que l’establishment a refusé de les écouter et les a relégués à la marge du paysage politique avec la complicité des médias?

Les Européens dotés de bon sens sentent bien que les prochaines élections, dans tous nos pays, sont peut-être celles de la dernière chance. Sauront nous la saisir?

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