Interview avec Dominiek Lootens-Stael, député bruxellois du Vlaams Belang, sur le djihadisme à Bruxelles

Dominiek Lootens mène un combat héroïque au sein d’un parlement bruxellois majoritairement gagné à la cause immigrationniste

Bruxelles est-elle réellement une plaque tournante du djihadisme international ?

Différents incidents survenus au cours de ces derniers mois montrent que Bruxelles est devenue une plaque tournante du djihadisme international et du terrorisme. Je songe notamment à l’attaque meurtrière du Musée juif, à l’attentat mené contre le magazine satirique Charlie Hebdo à Paris dont les armes provenaient de Bruxelles, à la tentative d’attentat à bord d’un Thalys, dont l’auteur et les armes provenaient de Bruxelles et plus récemment, le carnage du Bataclan et les fusillades sur les terrasses des cafés également à Paris qui ont mis en lumière le rôle de Bruxelles et de Molenbeek-Saint-Jean en particulier, comme lieu de préparation et de repli pour les terroristes. Ce n’est pas nouveau que Bruxelles sert de plaque tournante au radicalisme musulman. Dans les années nonante, des islamistes algériens menaient déjà des actions contre le régime algérien à partir de Bruxelles. Deux jours avant les attentats du 11 septembre à New York, l’opposant afghan Massoud était assassiné par Abdessatar Dahmane, le mari de Malika El Aroud qui avait été condamnée pour le recrutement de djihadistes. Citons encore le tristement célèbre chef du Centre islamique belge et son fils, condamnés par contumace pour terrorisme par un tribunal bruxellois. Le spécialiste français Claude Moniquet souligne également que Bruxelles est une plaque tournante du djihadisme international. On peut facilement s’y procurer des armes et de nombreux jeunes sont gavés de haine dans les mosquées. La longue liste de Bruxellois ayant rejoint les terroristes de l’État islamique est révélatrice en ce sens. La situation va encore empirer, selon l’expert du jihadisme Montasser Al De’emeh, (aujourd’hui lui-même incriminé) qui étudie la radicalisation des jeunes musulmans à Bruxelles depuis des années.

Il faut cesser l’angélisme et développer une politique énergique de lutte contre le radicalisme musulman. C’est en surveillant les prédicateurs radicaux et en fermant leurs mosquées que nous pourrons éradiquer le problème sans préjugés ni crispations politiquement correctes.

La Région bruxelloise doit jouer un rôle moteur en ce sens.

La Région Bruxelloise a-t-elle les compétences nécessaires pour agir ?

L’ancienne majorité pouvait se dégager de cette responsabilité sous couvert que cela n’était pas de sa compétence. Ce n’est plus vrai aujourd’hui puisque la Région est désormais en charge de la Sécurité. Il est impératif que ce gouvernement soit au courant de ce qui se passe sur son territoire, des incitations à la haine dans les mosquées et du recrutement des djihadistes pour combattre notamment en Syrie. Il faudrait garder à l’œil les librairies bruxelloises qui diffusent la haine contre le monde occidental.

Il y a vingt ans, alors que j’effectuais mes premiers pas en politique, ces endroits étaient déjà problématiques. La situation a empiré avec l’arrivée d’internet, canal de propagation de la haine de l’occident et de messages qui incitent à aller se battre un peu partout dans le monde. Il importe que le gouvernement développe une approche coordonnée avec le Parquet, la Sûreté de l’État et la Justice, et intervienne si nécessaire.

Quelles mesures ont-elles été ou vont-elles être prises en la matière ? Quels sont les objectifs du gouvernement ? Autant de questions toujours sans réponses concrètes.

L’actuel Ministre-président de la région bruxelloise, Rudi Vervoort (PS), est-il à la hauteur de ces enjeux ? :

J’en doute, je l’ai interpellé sur cette question et j’ai reçu une réponse surréaliste. Il définit sa politique en la matière comme «une approche inclusive, sans discrimination ou stigmatisation». Il ajoute que «le climat de crispation que nous vivons actuellement tend à prendre de l’ampleur et se traduit par un repli sur soi, des propos haineux, voire carrément racistes, à condamner avec force et sans équivoque» et il regrette que «certains discours minent même la politique menée dans ce domaine, car ils encouragent les logiques d’entre soi et de stigmatisation identitaire». On peut difficilement être plus à côté de la plaque.

Que répondre dans un tel dialogue de sourds ?

J’ai demandé une cartographie du problème de l’islam radical à Bruxelles qui soit dénuée de préjugés et de crispations politiquement correctes dans l’espoir de pouvoir en débattre en commission. La chose paraît cependant impossible, puisque deux camps se sont formés d’emblée, opposant les socialistes aux autres membres.

Pourtant, personne n’ignore que les demandeurs d’asile originaires d’Afghanistan, d’Irak et de Syrie qui affluent actuellement en Europe et à Bruxelles sont en grande partie des aventuriers munis d’un faux passeport syrien et qu’un certain nombre d’entre eux sont des terroristes infiltrés.

J’ai dit à Rudi Vervoort que nous sommes face à un problème d’envergure auquel il n’est pas préparé. Qu’il est en retard d’une guerre. Que les plans qu’il élabore restent sans suite. Je lui ai aussi dit que je savais pourquoi ses plans restent sans suites: il est pieds et poings liés par les responsables politiques qui s’époumonent dans cette commission pour défendre d’autres intérêts que ceux des Bruxellois.

Quels autres intérêts que ceux des Bruxellois ?

Visiblement, pour Rudi Vervoort et son gouvernement, les légitimes réactions de nos concitoyens, qui s’expriment souvent par un rejet de l’islam, constituent un danger quasi aussi préoccupant que le terrorisme lui-même. C’est dire si ces «responsables» politiques veulent ignorer la réalité au profit de leur idéologie islamo-socialiste tellement rentable sur le plan électoral dans certaines communes. Le Bruxellois de souche est la cinquième roue de la charrette dans la politique menée à Bruxelles par le Parti socialiste, le FDF, le CDh, l’Open VLD, le Spa et le CD&V. Dans ce domaine comme dans tous les autres d’ailleurs. Comme toujours, le Vlaams Belang est la seule opposition réelle.

Le Vlaams Belang remonte considérablement dans les sondages après avoir connu une défaite électorale cuisante en 2014, que faut-il en penser ?

Nous continuons à proposer nos solutions qui ont le mérite d’être immédiatement applicables et finançables, inlassablement, en sachant qu’on les appliquera probablement quand ce sera trop tard, comme c’est le cas régulièrement aujourd’hui au niveau fédéral. Nos concitoyens n’ont pas tous la mémoire courte et ils se souviennent que le Vlaams Belang a prédit le bourbier dans lequel nous nous trouvons. Ils se souviennent aussi de nos propositions et il savent que si nous avions été écoutés il y a dix ans, nous n’en serions pas là. Beaucoup de nos électeurs ont été séduits par un parti qui s’est présenté comme un simili-Vlaams Belang, pas seulement sur le plan institutionnel, mais aussi sur des thèmes comme l’immigration et la sécurité. Aujourd’hui, la NV-A, pour ne pas la nommer, a retourné toutes ses vestes. Sur l’institutionnel et sur l’immigration, au point d’être les grands organisateurs de l’arrivée massive des demandeurs d’asile. Les électeurs ne l’oublieront pas facilement.

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